L'Etat peut vendre les données personnelles des cartes grises, selon Aujourd'hui en France

Une loi votée "discrètement" en 2009 permet à l'Etat de vendre les coordonnées personnelles contenues dans les fichiers de demandeurs de cartes grises, révèle mardi Aujourd'hui en France.

augmenter la taille du texte réduire la taille du texte votez réagissez

Photographe : Patrick Kovarik :: Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l'Intérieur, présente le 5 septembre 2008 à Paris, le nouveau modèle du certificat d'immatriculation (carte grise) photo : Patrick Kovarik, AFP

Un article de la loi d'orientation et de programmation sur la performance de la sécurité intérieure (Loppsi 2), qui n'est pas encore entré en vigueur, a été adopté en avril 2009 pour permettre d'abord aux constructeurs automobiles d'avoir accès à ces données afin d'effectuer des rappels de voitures pour des raisons de sécurité.

"Mais l'utilisation commerciale de ces fichiers est parfaitement possible", déplore le quotidien.

Les données figurant dans ces fichiers - nom, date de naissance, adresse du demandeur, marque et puissance du véhicule - peuvent en effet être communiquées à des tiers "à des fins statistiques, scientifiques ou historiques", mais aussi, "et c'est là où le bât blesse", selon le journal, elles peuvent être vendues "à des fins d'enquêtes ou de prospections commerciales".

Les députés vont débattre mardi de la manière dont l'Etat pourra contrôler les acheteurs de fichiers contenant des données personnelles.

à lire aussi

Mais selon le journal, "les garanties pour le citoyen figurant dans la base de données du service des immatriculations sont quasi inexistantes". "L'usager ne sera pas informé de l'utilisation faite de ses données et il ne pourra que s'opposer à leur cession s'il en fait expressément la demande", précise la même source.

Interrogé par Aujourd'hui en France sur l'éventualité d'un risque d'exploitation criminelle de ces données, l'avocat Olivier Hugot répond: "Evidemment (...). On imagine l'intérêt que ces informations pourraient avoir pour des organisations criminelles désireuses de pratiquer le racket, le trafic ou le vol de véhicules à grande échelle".

augmenter la taille du texte réduire la taille du texte votez réagissez

les dernières réactions à l'article

aide