Que serons nous sans lui ...

Jean Ferrat nous a quittés et avec lui un homme fidèle à la poésie, à la liberté, à la justice sociale, aux peuples qui luttent, souffrent et se battent.

biographie Jean Ferrat

Jean Ferrat

Auteur de chansons politiques, poétiques et populaires (Ma môme, La Montagne, Potemkine...), Jean Ferrat traverse les générations avec le même succès.

Dernier d'une famille de quatre enfants, de parents modestes, rien ne le prédestine à la chanson. Il fait tout d'abord des études de chimie jusqu'à la disparition de son père pendant la guerre. Pour aider sa famille à survivre, il doit alors commencer à travailler tout en conservant un intérêt certain pour toutes les activités artistiques. Le théâtre le séduit dans un premier temps et c'est d'ailleurs à Aragon qu'il doit son premier succès, grâce à une adaptation des "Yeux d'Elsa".

En 1957, il fait ses débuts sur scènes, en première partie de Guy Béart. C'est en 1960 qu'il  rencontre Gérard MEYS qui tombe amoureux fou de ses chansons, va  en plus devenir son meilleur ami et être celui qui va véritablement lancer la carrière de l'artiste. Grâce à lui, Jean Ferrat signe un contrat chez Decca. Le titre Ma môme, diffusé en radio, est un premier succès. Son engagement politique lui vaut quelques problèmes, mais il sort tout de même son premier album en 1961. En 1963, malgré des difficultés avec la censure, son disque Nuit et brouillards remporte le grand Prix de l'Académie Charles Cros. L'année 1964 va tout changer avec le titre La Montagne qui fait sa renommée, en donnant une image réaliste du personnage qui vit quelque peu en ermite, en Ardèche. 1965 est l'année d'un autre album contesté, Potemkine, qui démontre, une fois de plus, l'engagement politique de Ferrat auprès des communistes.

Les années 70 sont celles des plus grands succès de Ferrat. Envisageant d'arrêter la chanson, il donne 12 récitals au Palais des Sports et vend plus d'un million d'exemplaires pour son disque Ferrat chante Aragon (qui comprend la mise en musique d' Aimer à perdre la raison). Il n'abandonne pas pour autant mias se fait plus rare sur scène. Ferrat revient en 1975 avec La femme est l'avenir de l'homme, vendu à 500 000 exemplaires. En 1980, son album Le Bilan se vend à presque 1 million d'exemplaires et marque le recul progressif de l'artiste face au communisme.

Face au décès de sa femme, Ferrat sort un remarquable album intitulé Je ne suis qu'un cri . Dès lors l'artiste va se faire encore plus rare: entre deux compilations, une intégrale, un album original, le chanteur revient sur la scène au Québec en 1995. Trois ans plus tard, en 1998, il revient  à nouveau sur le devant de la scène française au festival de Barjac qui lui rend hommage: 700 choristes, une foule d'invités y chantent le répertoire de Ferrat…qui vient interpréter un titre en fin de concert.

Jean Ferrat est considéré comme l'un des plus grands auteur-compositeur-interprète du 20ème siècle, apprécié pour la qualité de ses textes et (re)connu pour ses prises de position qui forgent à l'artiste une identité forte et peu commune: un chanteur populaire, au sens noble du terme.

© Concerts.fr


JEAN FERRAT nous a quittés ce samedi 13 mars 2010 !

J'ai pleuré ..... oui ! Il a tellement accompagné ma vie dans les années 70/80 ...

J'ai aimé sa voix chaude, sa musique qui accompagnait des textes magnifiques.

J'ai été bouleversée dans ma jeunesse par sa façon de chanter les poèmes d'Aragon ... mots  d'amour, mots de tendresse, d'humanité ...

Ce soir, j'ai cherché dans mes 33 tours et j'ai choisi une chanson que je faisais écouter à mes petits : OURAL OURALOU.

Ma Déborah pleurait à chaque fois sur la mort d'Oural, le chien-loup de Jean .... et me réclamait régulièrement le disque ! (Janette)

C'est dans l'aube chère à Verlaine

Que tu courrais notre domaine

Humant l'air des quatre saisons

Odeurs de thym et de bruyères

Sous les pattes fraîches légères

S'élevaient comme une oraison

Berger des landes familières

Tu vivais digne et solitaire

Animal doué de raison

J'écris ce jour anniversaire

Où tu reposes sous la terre

A deux pas de notre maison.

          Hourrah Oural ouralou

          Oural ouralou

On voit souvent des souveraines

A la place des rois qui règnent   

Rien qu'en posant leurs yeux dessus

Il faut se méfier du paraître

De nous deux qui était le maître

Nous ne l'avons jamais bien su.

Tu vécus la vie parisienne

La nuit sur les quais de la Seine

Les music-halls et les tournées

Et cette vie qui fut la mienne

Il me semble que tu l'entraînes

A la semelle de tes souliers.

          Hourrah Oural ouralou

          Oural ouralou

Jour après jour il faut l'admettre

Voir ceux qu'on aime disparaître

C'est ce qui fait vieillir trop tôt

Au paradis des chiens peut-être

Ton long museau à la fenêtre

Tu nous accueilleras bientôt

Au triple galop caracole

Je vois tes pattes qui s'envolent

Chevauchant l'herbe et les nuées

Le vent siffle dans ton pelage

Vole vole mon loup sauvage

Comme au temps des vertes années.

          Hourrah Oural ouralou

          Oural ouralou